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Plaque Madame de Gaulle

La mère du général de Gaulle à Paimpont

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En parcourant le bourg de Paimpont, le visiteur attentif remarquera sans doute sur le mur d’une maison, au 14 rue du Général de Gaulle, une plaque commémorative sur laquelle on peut lire : Ici Mme Henri de Gaulle a entendu le 18 juin 1940 l’appel de son fils le Général de Gaulle libérateur de la France - 1860-1940.

Plaque commémorative apposée le 18 juin 1985 sur le mur de la maison où (...)
Plaque commémorative apposée le 18 juin 1985 sur le mur de la maison où Jeanne de Gaulle a vécu à Paimpont.

Dans l’histoire familiale de Charles de Gaulle, Paimpont, petit village breton au cœur de la légendaire Forêt de Brocéliande, est avant tout associé aux derniers jours de la vie de sa mère, Jeanne. En route pour rejoindre sa femme et ses enfants à Carantec dans le Finistère, avant de partir pour Londres, c’est à Paimpont qu’il voit sa mère pour la dernière fois, le 15 juin 1940.

Au moment de la « débâcle », en mai 1940, Jeanne de Gaulle, âgée et malade, s’est réfugiée chez son fils aîné Xavier, officier de réserve en poste au camp militaire de Coëtquidan. La famille de Gaulle loue un trois pièces au premier étage d’une maison du bourg de Paimpont. Par prudence, la mère du colonel devenu général (commandant d’une division blindée, engagé dans les combats dans la Somme) reste discrète bien que fière de son fils. Elle se présente à Paimpont sous son nom de jeune fille, Jeanne Maillot.

Le 17 juin 1940, alors que le général s’envole à nouveau pour Londres depuis Bordeaux, siège du gouvernement français en exil, il survole la forêt de Paimpont et ne peut s’empêcher d’avoir une pensée inquiète pour les siens restés en Bretagne.

Nous sommes partis vers 9 heures en prenant quelques précautions mais sans difficultés. D’ailleurs, c’est ce matin-là seulement que M. Paul Reynaud a transféré ses pouvoirs au maréchal Pétain et, jusqu’à l’accomplissement de cette formalité, j’étais membre du gouvernement et ne courais guère de risque. [...] Nous survolâmes La Rochelle et Rochefort. Dans ces ports brûlaient des navires incendiés par les avions allemands. Nous passâmes au-dessus de Paimpont, où se trouvait ma mère, très malade. La forêt était toute fumante des dépôts de munitions qui s’y consumaient [...]. Je m’apparaissais à moi-même, seul et démuni de tout, comme un homme au bord de l’océan qu’il prétendrait franchir à la nage.

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre - L’appel (1940-1942), Vol. 1

Ce même jour, dans la confusion et devant l’avancée fulgurante des forces allemandes en Bretagne, Xavier de Gaulle et sa famille quittent Paimpont et arrivent à Locminé (Morbihan) dans la soirée. Les troupes françaises restées à Coëtquidan ont reçu l’ordre de se replier dans le Finistère. Aussi, le 18 juin 1940, contrairement à ce qui est indiqué sur la plaque commémorative, Jeanne de Gaulle se trouve sur la place du village de Locminé quand un curé en soutane l’informe de l’appel du général. Geneniève de Gaulle-Anthonioz, présente ce jour-là au côté de sa grand-mère, raconte dans ses mémoires que la vieille dame ne pu s’empêcher de chuchoter au prêtre de la paroisse qui ne la connaissait pas : c’est mon fils, Monsieur le Curé, mais c’est mon fils !

Les premiers détachements allemands les rattrapent déjà et la famille de Gaulle — excepté Xavier qui sera fait prisonnier — doit se résoudre à retourner à Paimpont. Jeanne de Gaulle eut par la suite la joie d’entendre à la radio de Londres d’autres messages de son fils qui sans doute atténuèrent difficilement la douleur de voir l’armée française le condamner à la prison et l’état français le déchoir de sa nationalité.

Épuisée par la maladie, Jeanne de Gaulle décède à l’âge de 80 ans le 16 juillet 1940 à Paimpont. L’enterrement a lieu le 20 juillet à l’église abbatiale, pleine pour l’occasion malgré la censure de l’occupant allemand. Madame de Gaulle est inhumée le jour même dans le cimetière de Paimpont. Pendant toute la guerre, sa tombe fut abondamment fleurie. Mais Charles de Gaulle ne put se recueillir sur la tombe de sa mère que le 21 août 1944.

Charles de Gaulle sur la tombe de sa mère à Paimpont le 21 août (...)
Charles de Gaulle sur la tombe de sa mère à Paimpont le 21 août 1944. Crédit Extrait d’un article de Jean-Pierre Chapelle « Les héros ont aussi une mère » Ouest-France 9 nov. 2003

En novembre 1949, le Général de Gaulle fit déplacer la dépouille de sa mère à Sainte-Adresse près du Havre dans le caveau familial auprès de son père.


Pour en savoir plus sur la mère du général de Gaulle à Paimpont, consulter l’Encyclopédie de Brocéliande :

Jeanne de Gaulle à Paimpont

En mai 1940, Jeanne de Gaulle (1860-1840) se réfugie à Paimpont (Ille-et-Vilaine) chez son fils ainé Xavier. Elle décède le 16 juillet 1940, et est inhumée dans le cimetière de Paimpont quatre jours plus tard. Le Général de Gaulle se rend sur sa tombe le 22 août 1944 et la fait déplacer dans le caveau familial de Sainte-Adresse (Seine-Maritime) en novembre 1949.

Jeanne de Gaulle à Paimpont
par Encyclopédie de Brocéliande
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